Premiers pas en Roumanie

Premiers pas en Roumanie

04.06.2014

Nous quittons la Hongrie ce matin et après une longue piste cyclable le long d’une route absolument vide (très utile), nous arrivons à la frontière. C’est notre première douane depuis le début du voyage car, oui, la Roumanie ne fait pas partie de l’espace Schengen. On inspecte scrupuleusement nos passeports, celui de Claire un peu plus longuement car les nombreux visas pour le Rwanda intriguent, puis on nous accorde le droit d’entrer dans le pays. Nous repartons bien heureuses avec notre beau tampon dans le passeport (on a négocié un peu pour l’avoir celui-là !). Une photo devant le minuscule panneau qui marque l’entrée en Roumanie puis nous remontons sur nos vélos.

PhotoGrid_1404142824462

De ce côté-ci il n’y a plus de piste cyclable mais la route est toujours aussi peu fréquentée. Traversée d’un long no-man’s land avant d’atteindre les premières habitations. Rien à signaler pour l’instant, le folklore arrive plus loin dans les coins plus reculés où nous nous retrouvons très vite pour éviter les grosses routes. Nous découvrons au fil des villages et des petites collines :

– Des maisons aux couleurs vives ou revétus de petits carreaux de faillances colorés en losange, des coures bien fleuries et ombragées par des vignes (on les envie car avec la chaleur qu’il fait, on aimerait bien rester à faire la sieste dans un de ces jardins),

– Des charrettes et des gens qui cultivent la terre à la main,

– Un enterrement traditionnel avec étendards à l’entrée de la maison et chants religieux dans la cour.

– Un chauffeur de bus qui abandonne son véhicule pour venir discuter avec les deux touristes puis fais signe à tous les enfants du bus de faire de même ! Ils traversent la route en désordre pour venir voir de plus près ces deux spécimens à vélo et essayer les deux trois mots d’anglais qu’ils ont appris à l’école!

– Des mamies tout mignonnes, avec leur foulard fleuri sur la tête, assises sur les bancs devant leur maison ou marchant lentement dans les rues des villages

Nous croisons aussi beaucoup de Roms à la peau parfois très sombre, presque noire, ce sont eux qui se promènent le plus souvent en charrettes tantôt remplies de foin ou de bric à brac, tantôt par toute la famille assise à l’arrière.

Bref une sacrée ambiance digne d’Emir Kusturica et un grand contraste avec la Hongrie. Il faut dire qu’on a du particulièrement bien choisir notre point d’entrée en Roumanie car les coins que l’on croisera par la suite, même si ils restent très jolis et très traditionnels ne le seront pas autant que par ici.

PhotoGrid_1404142700114~2

Nous découvrons également qu’en Roumanie le problème est moins la conduite des chauffeurs que la rareté des routes asphaltées. Ainsi, les quelques grands axes de circulation sont extrêmement fréquentés avec les fameux camions qui doublent des charrettes dans les virages (oui, oui, on les a vu!). Mais pour le reste des routes, c’est souvent très tranquille, la circulation est assez faible et, si on a un peu de chance, il y a du goudron sur la route, et si on en a encore plus, celui-ci est en bon état ! Sinon c’est petit chemin en terre, parfois fort agréable, et parfois moins quand celui-ci prend des allures de champs de petits galets ronds et qu’il est impossible de continuer à pédaler, nous obligeant à pousser notre vélo sous la chaleur et dans les montées.

05.06.2014

Après avoir campé sauvage quelque part près dAlesd, un peu de vélo et un peu de train, nous arrivons à Cluj, deuxième plus grande ville de Roumanie.

Tandis que nous marchons dans la ville, nous faisons par hasard la connaissance de Simon, Etienne et Yohann, trois français qui parcourent l’Europe à vélo pour découvrir les projets d’agriculture urbaine ! Pour suivre leurs aventures, c’est par ici : http://agrovelocites.org/

Après avoir discuté un moment, ils nous proposent de venir tenter notre chance pour être hébergées dans le lieu alternatif où ils passent eux-mêmes la nuit.

Nous sommes donc accueillies à la « Casa de Cultura Permanente » de Dan et Adela qui, après avoir géré ce lieu comme une auberge pendant quelques années, ont finalement décidé de la transformer en une maison ouverte basée sur l’économie du don, chacun contribuant au projet à sa façon. –> http://permanentacasa.wordpress.com/

Dan et Adela se prennent au jeu de notre projet et nous cuisinons avec eux des « petits mensonges » (Minciunele) et de la confiture de noix vertes (que nous ne pourrons malheureusement pas gouter car il y a eu une petite erreur dans la préparation et celle-ci est bien trop amère!).

Enfin, le clou de la soirée, nous apprenons que le célèbre activiste du logiciel libre, Richard Stallman (Plus d’info ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Stallman) qui fait en ce moment des conférences à Cluj, est également hébergé dans la maison. Petit cours sur la différence entre le « free » et l’« open », découverte de son grand sens de l’humour (retrouvez tous ces fameux jeux de mots en français ici : https://stallman.org/french_puns.html) et sa personnalité lunatique (attention à ne pas laisser trainer de rebord en bas des cadres de porte)…

PhotoGrid_1404142750212

06.06.2014

Nous quittons Cluj vers midi et nous passons aux choses sérieuses en entamant les montagnes de Transylvanie. Nous avons de la chance car nous trouvons une petite route de montagne qui monte en doux virages et la montée de 10 km passe finalement très bien. Très vite nous nous retrouvons dans des plateaux montagneux avec une vue superbe, de jolis villages, des routes en terre, un monastère, des petits torrents de montagne, des falaises. Très chouette.

PhotoGrid_1404142360118

Il se faire tard et nous commençons à chercher un endroit où planter la tente lorsque nous arrivons à Rimetea, petit village Magyar. Une fête a lieu ce soir : jeunes et moins jeunes en habits traditionnels, une scène est montée, des tables et des chaises sont installées et tout le village est là. Nous ne pouvons pas rater ça, alors nous finissons par trouver quelqu’un pour nous ouvrir son jardin. Nous sommes accueillies par un jeune passablement saoul et qui semble dédaigné par une partie du village, mais il est très gentil et on communique comme on peut avec les trois mots d’anglais qu’il connait et les trois mots de magyar que nous connaissons. Il habite une toute petite maison avec sa fille, ses parents et ses grand-parents. Nous plantons la tente au fond du jardin, sous les arbres et sur les orties, derrière les latrines, le cochon, les poules et le chien surexcité puis nous retournons à la soirée. Nous écoutons la musique tout en admirant le village, très joli avec la falaise qui le surplombe, les montagnes, et les murs des maisons anciennes refaites à neuf grâce à la généreuse contribution du Prince Charles. Le clou de la soirée : le banc des petites mémés qui surveillent en retrait l’évènement. La musique et les quelques danses traditionnelles laissent ensuite place à des chants modernes type Céline Dion et compagnie, il est temps pour nous d’aller nous coucher… Après le feu d’artifice qui semble être lancé depuis le jardin voisin, nous réussissons à nous endormir.

PhotoGrid_1404142456491

Share this post
  • Twitter
  • Facebook