Ploiesti - dernière étape!

Ploiesti – dernière étape!

 20 – 26.06.14

A la gare nous attendent Silvana et son papa, Alexandru (et le chauffeur de son papa, qui fait disparaître nos vélos dans sa camionette – nous les retrouverons cinq jours plus tard). Etant donné la nuit que nous venons de passer, notre manque de sommeil doit être inscrit sur notre visage. Pas besoin d’avoir une langue en commun pour comprendre que nous devons dormir, et Silvana nous prépare tout ce dont nous rêvions : un petit déjeuner et un lit ! Elle nous avait prévenues à l’avance : « chez moi, ce sera comme des vacances, pour vous reposer de votre long voyage ». Ce furent effectivement des belles vacances, et la preuve encore que l’hospitalité roumaine n’est pas une légende !

Nous partons ensemble à la découverte de Ploiesti, une cinquantaine de km au nord de Bucarest. La ville n’a rien de touristique, mais nous sommes heureuses de plonger de nouveau dans le quotidien d’une famille roumaine dans une ville moyenne de province. Ploiesti est une ville industrielle, notamment dans le domaine de la pétrochimie (Petrom). Il y a même « l’université du pétrole et du gaz » très réputée dans le monde entier ! Nous affectionnons particulièrement les petites balades dans les marchés couverts locaux : les producteurs des villages avoisinants viennent y vendre leurs produits du jardin (à des prix imbattables), pour le plus grand plaisir des yeux et des papilles ! Nous sommes en effet tellement curieuses que les producteurs nous font tout goûter. Et ici aussi ils utilisent énormément la racine de persil, les « carottes blanches ». Pourquoi pas en France ? Quel dommage ! Bien que la plupart des anciens bâtiments de Ploiesti ont été détruits suite à la seconde guerre mondiale et aux lubies architecturales communistes, les Halles Centrales (1930) sont restées sur pied et valent le détour.

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Silavana nous emmène également visiter les monastères et petites églises orthodoxes qui parsèment la ville. Très différentes des églises catholiques que nous connaissons en France, beaucoup plus colorées et surtout bien plus remplies de monde ! Il est particulièrement intéressant d’en parler avec Silvana car son petit ami Edi est actuellement étudiant en théologie, il se consacre pour le moment à la peinture d’icônes orthodoxes, mais souhaite devenir prêtre (nous avons ainsi découvert que les prêtres orthodoxes pouvaient être mariés!). Nous avons eu l’occasion de voir un ou deux de ses croquis : quelle précision et souci de réalisme ! Très impressionnant, mais aussi très loin de notre façon de dessiner. Dans les jours qui suivirent, nous sommes allées attendre Edi à son université à Bucarest et ce fut assez marrant pour nous de voir disparaître nos clichés sur tous ces jeunes qui souhaitent entrer dans les ordres : ils sont bien plus modernes et ouverts d’esprit que nous pourrions l’imaginer. Bref, ils sont juste des jeunes comme nous.

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Et tous ces moments passés ensemble, c’est aussi l’occasion aussi de faire la connaissance de Silvana et de sa chouette famille ! Nous ne connaissions pas Silvana avant cette rencontre matinale à la gare, mais elle connait bien la famille de Lucie en France qui l’a hébergée lors de son « stage de français » au Cavilam. Elle s’y est sentie tellement bien, nous dit-elle, particulièrement à table ! Nous n’y sommes pour rien, mais sa famille nous rend la pareille. Nous sommes accueillies chez Silvana comme des reines. Sa maman, Iulia, nous prépare des repas délicieux dès qu’elle rentre du travail. Ce n’est pas forcément très traditionnel (sauf la salate de vinete, la recette suit!) mais, et ça change un peu, c’est très léger et très sain. Alexandru travaille aussi énormément, il est le boss d’une entreprise de construction qu’il a monté lui-même. C’est un peu le roi de la blague et des tours de magie, et nous partageons son humour ! Le clou de la famille, c’est quand même Mihnea, 6 ans, ultra fan de Spiderman mais la phobie des araignées, très ami avec Lucie malgré qu’elle lui ait (involontairement) écrasé son jouet entre les portes de l’ascenceur + fait foncer dans le bas-côté sur sa petite voiture électrique + tâché son T-Shirt blanc à coup de pâte à modeler verte fluo… Heureusement, il n’est pas rancunier ! Nous faisons aussi la rencontre des grand-parents de Silvana, Mitica qui nous aide à peser nos vélos et nous fait faire le tour du jardin, poules, cochons et Mama, ancienne couturière, qui nous cuisine une ciorba à l’agneau à tomber par terre. 

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En tout cas, nous nous sentons chez Silvana comme à la maison, nous pouvons parler de tout avec ses parents (très bon anglais + un peu de français!), ils nous emmènent visiter Bucarest (pour les fans d’architecture soviétique, ne pas louper le Palais du Peuple, folie absolue avec ses 350 000 m² habitables!) et les mines de sel de Slanic, aujourd’hui ouvertes au public en tant que centre de loisirs et de santé. Ca vaut le coup, si on n’a pas peur des ascenseurs en bois pas très stables qui te font descendre 208 mètres en quelques dizaines de secondes.

Bucarest

La famille de Silvana a très bien compris notre projet et ils nous ont réservé une petite suprise à la campagne… ! Nous nous rendons le WE dans la maison de campagne de leurs amis à Valea Dulce (ils sont aussi liés qu’une même famille) pour une après-midi à cuisiner – Alexandru a fait le menu : Ciorba de Perisoare (soupe avec des boulettes de viande), Sarmale, beignets, puis barbecue (ils fument eux-même la viande de leur propre cochon) et sans oublier des plateaux de charcuterie et fromage frais. Évidemment, face à cette quantité de nourriture, il nous a fallu boire sans modération la tsuika et le vin maison. Et pour digérer le tout, entre les repas, nous sommes entraînées dans des rondes de danse traditionnelle ! Nous voici donc au centre d’une grande fête familiale, et si on rigole autant, c’est aussi grâce à la bonne humeur de nos hôtes : Aurèle et Maria (avec qui nous cuisinons le plus, une vraie chef!) ; Veronika, la maman de Maria, plus de 80 ans et le sourire jusqu’aux oreilles ; le militaire Vali et sa femme Anna (pharmacienne) et leur petite fille Anda ; et évidemment Georges (qui travaille chez Petrom) et Larissa (assistante manager dans une entreprise de logistique). Nous avons déjà rencontré ces derniers au marché-bazar de Ploiesti où ils ont un petit stand de vêtements qu’ils tiennent le WE ; un petit business qu’ils ont commencé étudiants, ça les amuse et ça arrondit les fins de mois. Mais il faut tenir le rythme !

Cette plongée dans une fête familiale nous a permit de nous perfectionner dans la confection des Sarmale, dans notre capacité à tenir debout après 5 verres de Tsuika et a confirmé que les Roumains sont vraiment les rois du « faire soi-même » et de la débrouille : potager, élevage de cochons et volailles, distillerie maison etc.

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Après ces vacances chouettes et intenses, nous sommes reparties direction l’aréoport. 4 heures d’attente pour Claire, 14 pour Lucie… !

Face aux complications des voyages en train jusque là, nous avons en effet décidé de rentrer en avion, et bien nous en a pris. Nous étions un peu stressées concernant le transport des vélos, mais Alexandru et Iulia ont toujours une solution pour tout, et ils nous ont trouvé des cartons de vélos pile poil la bonne taille !

Ah la Roumanie… nous reviendrons ! 🙂

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